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  • Photo du rédacteurBenoit Douziech

Quincy Jones, le passeur.

Dernière mise à jour : 5 nov. 2023

Cette semaine j’ai regardé “Quincy”, un documentaire musical passionnant. Produit par Netflix, il relate la carrière et la vie personnelle de Quincy Jones, un musicien incontournable. Pourquoi "incontournable" ? Je vous l'explique tout de suite.



Dans cet article, je vais tout d'abord tenter de vous présenter le bonhomme (pas facile comme exercice, vous allez comprendre pourquoi), je vous expliquerai ensuite ce que j’apprécie particulièrement chez ce musicien et pourquoi on peut difficilement passer à côté d’un tel personnage. Bien entendu, il y aura aussi quelques références musicales à écouter.



Vous le verrez dans le reportage de Netflix : l’ensemble de la profession, musiciens reconnus ou jeunesse montante, qu’ils aient 20 ou 70 ans, ont quasiment un genou à terre pour lui dire bonjour. Quincy Jones une légende vivante.


Q (c’est son surnom) est pour ainsi dire LA figure centrale de l’industrie musicale – ouh, que ce terme est laid ! – pendant cinq décennies. L’artiste le plus influent du show-business aux États-Unis, et par ricochet, dans le monde entier.







Quelques chiffres-clés et records,

histoire de situer le personnage


  • Réalisateur de l’album le plus vendu de tous les temps : Thriller de Michael Jackson (Oui, à cette époque, on ne comptait pas en "nombre d’écoute ou de vues", mais en "nombre de ventes")

  • Coproducteur du single le plus vendu de tous les temps : We Are The World (USA for Africa)

Quincy Jones, Bob Dylan et Stevie Wonder

pendant une répétition pour We Are The World

  • 27 Grammy Awards, 79 nominations

  • 300 albums réalisés

  • 2 900 chansons enregistrées

  • 1 000 compositions originales

  • 51 musiques de films / génériques de séries TV


Quincy, l'homme au carnet d'adresse bien rempli


Si le documentaire est passionnant, c’est parce qu’en suivant la carrière de Quincy Jones, on parcourt rien moins que l’histoire de la musique populaire américaine de 1950 à 2000. Car Q a collaboré avec quasiment tous les musiciens qui ont compté dans la seconde moitié du XXe siècle, de Ray Charles à Ice-T, de Frank Sinatra à Count Basie, d’Henri Salvador à Stevie Wonder, de Charles Aznavour à Michel Legrand, de Miles Davis à Nadia Boulanger…


Frank Sinatra et Quincy lors d'un enregistrement (peut-être de "Fly Me To The Moon", première musique à avoir été jouée... sur la lune !)


Avec Miles Davis, à Montreux


Ray Charles et Quincy. Ils sont potes depuis l'adolescence.




D’autres types de collaborations ou d'engagements politiques lui feront croiser la route de Martin Luther King, Nelson Mandela, Bill Clinton, Michelle et Barack Obama ou encore Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Will Smith (photo) dont il a lancé la carrière...





Un C.V. à faire s'évanouir le directeur de Pôle-emploi


Mais que fait-il, concrètement, avec tout ce beau monde ? Eh bien ça dépend car voyez-vous, Q a plusieurs cordes à son arc : trompettiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, producteur, directeur artistique de label, promoteur de nouveaux talents… (et encore des points de suspension !)

Sa réalisation la plus connue – et qui l’a rendue immensément riche – est la coproduction, avec Michael Jackson, des trois premier albums du King of Pop en tant qu’adulte : « Off The Wall », « Thriller » et « Bad », entre 1979 et 1987.

Pour ses nombreux autres travaux, je vous renvoie au documentaire de Netflix.




Tout le monde dans le même bateau


J’en viens maintenant à ce qui force mon respect chez Quincy Jones. Ce gars-là est un rassembleur et un passeur. Il réunit et crée le lien. Lien entre les cultures, entre tradition et modernité, entre générations, entre êtres humains. Avec lui, il n’est pas question de catégories.


Il aime déclarer :

« Pour moi, il n’existe que deux styles de musique :

la bonne et la mauvaise. »




Duke Ellington lui a un jour écrit cette dédicace :


« Pour Quincy Jones,

celui par qui

la musique américaine

échappera aux catégories »


Le Duke avait vu juste !





Il aura accompagné, développé et parfois même initié les évolutions musicales de 1950 à 2000 sans jamais dessiner de frontières entre les styles : jazz, musique brésilienne, R&B, funk, pop, musique orchestrale, hip-hop.


Un de ses nombreux tubes, Soul Bossa Nova, utilisé pour le thème du film Austin Powers :




"Back On The Block" : du be-bop au hip-hop

Pour illustrer ce syncrétisme musical, j’ai choisi Back On The Block, son album manifeste aux 7 Grammys, sorti en 1989, dans lequel il réunit des artistes issus du jazz, du R&B et du hip-hop.

Une bonne partie du fameux carnet d'adresse de Quincy est mise à contribution. Quelques noms au hasard : Miles Davis, Ella Fitzgerald, Barry White, Ice-T, Kool Moe Dee, Al Jarreau, Dizzy Gillespie, Big Daddy Kane, Ray Charles, Herbie Hancock, Bobby Mc Ferrin, Take 6... et un chœur d'enfants. De 7 à 77 ans, du be-bop au hip-hop !


Birdland est un titre emblématique de cet album. C'est un standard de jazz de 1977, réarrangé de manière à mixer la modernité – à l’époque : mélange de programmations, sons synthétiques… et la tradition : riffs de cuivres ‘big band’, improvisations de quelques titans du jazz : Miles Davis et Dizzy Gillespie (trompettes), Georges Benson (guitare), Joe Zawinul (claviers), Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald (voix) dont ce sera pour elles deux leur dernier enregistrement studio, malheureusement.


Sur l’album, Birdland est introduit par Jazz Corner Of The World : sur un fond de percussions, les rappeurs Kool Moe Dee et Big Daddy Kane, en mode 'MC', présentent les légendes citées plus haut, avec une courte improvisation de chacun et chacune. Une manière de rendre hommage, de dire que l’héritage est bien là et qu’il n’est pas ignoré.








« Depuis mes treize ans à Seattle,

j’ai joué du rythm and blues, du swing,

des standards de big band,

des marches militaires, des polkas,

du Debussy et du be-bop.

[...] Je n’ai jamais dédaigné un genre,

jamais. »

-- Quincy Jones





 



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