Batterie et cinéma
- Benoit Douziech

- 5 août 2025
- 4 min de lecture
La batterie est un instrument cinégénique (l’instrument en lui-même autant que les “chorégraphies” du batteur derrière son kit). Il n’est alors pas surprenant que le cinéma lui ait attribué un rôle dans de nombreux films. Je vous propose ici une sélection personnelle de 8 films où il est question de batterie, que le batteur soit le personnage principal du film ou qu’il soit présent d’une manière plus anecdotique, pour un second rôle ou juste le temps d’une séquence. Batteuses et batteurs cinéphiles, bon(s) film(s) !
N’hésitez pas à vous renseigner sur les âges conseillés, tous les films de cette sélection ne sont pas forcément appropriés pour tous les publics. Je vous conseille pour cela le site Kids-In-Mind (pour les films US uniquement). Le contenu - en anglais - de chaque film y est très détaillé : sexe, violence, langage, messages… C'est le plus complet que je connaisse dans le genre, en accès libre (Common Sense Media est devenu payant). Son défaut : il est envahi de publicités. Pour les films non US, il y a Film Ages, moins détaillé mais bien pratique. Comme je suis bon prince, il vous suffira de cliquer sur l'affiche du film pour vous rendre directement à la page correspondante sur l'un de ces deux sites :-)
Whiplash (2014, USA)
Attaquons d’entrée avec le film auquel on pense en premier quand on parle de batterie au cinéma.
Le sujet est la quête de l’excellence à tout prix. L’histoire d’un étudiant en batterie dans une école de jazz très réputée de Manhattan, qui fera tout pour réussir, face à un professeur aux méthodes… pas vraiment tendres !
Le film est bon et la musique d'excellente qualité. La méthode pour progresser à la batterie présentée dans cette fiction, par contre, n’est vraiment pas à suivre !!!
Drumline (2002, USA)
Devon, un jeune percussionniste surdoué mais à l’ego démesuré, a des difficultés à s’intégrer dans l’orchestre très réputé de l’université d’Atlanta, où la discipline est très stricte, quasi militaire.
De nombreux numéros musicaux et chorégraphiques réellement impressionnants ponctuent ce film où l’on découvre les coulisses de ces fanfares universitaires qui font le show dans les stades pendant la mi-temps des matchs. Une tradition très ancrée aux États-Unis. La bande son du film, à elle seule, vaut le détour.
That Thing You Do ! (1997, USA)
Un jeune batteur talentueux remplace au pied levé un autre batteur pour un concert. L'interprétation qu'il fait d'un des morceaux provoque une hystérie collective pendant le concert…
Le film raconte l’ascension d’un jeune groupe de rock dans les années 60 aux USA. On pense bien sûr aux Beatles, aux Yardbirds ou aux Kinks.
Un film attachant, de et avec Tom Hanks. Le single du groupe, leitmotiv musical du film, est très entraînant.
Sound Of Noise (2010, Suède)
Six percussionnistes décident d'utiliser une ville comme instrument de musique (oui, vous avez bien lu !) pour interpréter une œuvre musicale, semant une belle pagaille sur leur passage.
On pense bien sûr à Stomp et au film Dancer In The Dark pour les percussions, à Jacques Tati pour la fantaisie et la poésie qui émerge de notre environnement quotidien, on pense aux Blues Brothers pour la course-poursuite avec la police et le bazar engendré par le groupe.
Un film atypique avec des moments musicaux originaux, une réflexion sur l'opposition musique conservatrice / musique novatrice, un inspecteur allergique à la musique, de l'humour et un beau final.
Subway (1985, France)
Jean Reno y joue le rôle d'un batteur surnommé "baguette". Personnage peu bavard, il frappe sur tout ce qui lui tombe sous les baguettes.
Un solo de batterie introduit la chanson de la scène finale du film (Jean Reno effectue un playback assez convaincant, c'est le batteur Amaury Blanchard qui a enregistré le solo).
La bande son est signée Eric Serra, récompensé aux victoires de la musiques dans la catégorie "musique originale de cinéma". Très présentes dans le film grâce à de nombreuses séquences "clipesques", ses compositions ne sonnent pas si datées que ça. Un film à écouter autant qu'à voir.
Sound Of Metal (2019, USA)
Ruben, le batteur d’un duo metal, devient sourd. Ce personnage, incarné par l’excellent Riz Ahmed, entame alors un douloureux combat. Doit-il accepter et apprendre à vivre avec ce handicap ou doit-il trouver une parade ?
Le réalisateur Darius Marder nous fait vivre l’expérience de Ruben au plus près en nous faisant partager les sensations auditives du batteur grâce à un travail exceptionnel sur le son : le spectateur devient malentendant lui-même sans que cela nuise à la compréhension du film, bien au contraire. Étonnant !
Film bouleversant sur la résilience, Sound of Metal a décroché de nombreux prix, dont l’Oscar du meilleur son et du meilleur montage.
Demoiselle en détresse (1937, USA)
Une séquence à couper le souffle où le génie de Fred Astaire s’exprime dans un solo de claquettes / batterie qui swingue à mort !
Comme c'est juste une séquence dans le film, je vous donne le lien (cliquez sur l'affiche) pour la regarder sur Youtube.
Je ne sais pas ce que vaut le film, je ne l'ai pas vu.
Birdman (2014, USA)
Film un peu à part dans cette sélection puisqu’il n’est aucunement question de batterie à l’image. Mais la bande son qui accompagne de nombreux plans de ce film est composée de solos de batterie interprétés par Antonio Sanchez. Ce choix musical qui accompagne les pensées délirantes de Riggan (Michael Keaton) est judicieux car ces solos nous projettent dans la tête du personnage.
L’histoire : Riggan, une ancienne célébrité - incarnation au cinéma de Birdman, un super-héro - tente de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego.
A noter : le film présente le plus long (faux) plan-séquence de l’histoire du cinéma : pas loin de 2 heures !
La liste des distinctions pour Birdman est impressionnante : Quatre Oscars (dont meilleur film et meilleur réalisateur), 2 Golden Globes, 1 César pour ne citer que les plus prestigieuses.












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